23/05/18 Joli coup de pouce pour l'aide aux migrants

Digemer est une association qui cherche des solutions d'hébergement temporaire pour les réfugiés. Avec le projet Solami, elle se consacre aux mineurs, et décroche 20 000 € d'aide.

 

20 000 €. C'est le montant du chèque remis, mardi, par la fondation EDF à l'association brestoise Digemer. Elle récompense ainsi son projet Solidarité logement pour l'accueil des migrants (Solami).

Solami a été créé à l'automne 2017. L'objectif ? Rassembler les associations, une vingtaine à l'heure actuelle, et les institutions (la Caf, la préfecture, la Ville...) pour répondre au besoin de logement des mineurs étrangers isolés.

 

L'association loue trois appartements réservés aux mineurs et deux aux familles. Elle héberge ainsi seize jeunes au total. Elle aimerait en accueillir une vingtaine. « Leur trouver un logement, c'est éviter qu'ils ne dorment à la rue ou en squat, et donc qu'ils dérapent vers une trajectoire à risque », prône Roger Morin, président de Solami.

Place de la Liberté

 

Le projet s'adresse aux réfugiés en cours de régularisation. Rien à voir avec les mineurs qu'on peut trouver sur la place de la Liberté, et qui posent souvent problème. « Ceux-là refusent catégoriquement notre aide, ce sont plus des enfants des rues que des réfugiés », tient à souligner l'association.

 

Depuis 1987, la fondation EDF soutient des projets qui font « bouger les lignes, résume Frédéric Cosperec, d'EDF. Nous soutenons les associations, petites et moyennes, qui agissent sur le terrain. » Sur 326 candidatures, la fondation a distribué 51 prix dont ce prix « coup de coeur » à Digemer.

 

Un vrai coup de pouce pour l'association, également soutenue par la Fondation de France et la fondation Abbé-Pierre ainsi que les institutions. « Nous avons facilité la location d'appartements grâce à Brest métropole habitat, rappelle Bernadette Abiven, première adjointe. Nous avons quelque chose à construire ensemble. »

 

Roger Morin raconte que, depuis la création de l'association, onze jeunes sont sortis du circuit. Deux se sont évaporés dans la nature, « sans doute pour tenter leur chance ailleurs », et neuf ont prouvé leur minorité devant le tribunal correctionnel. Ils ont donc été pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance, comme le prévoit la loi.

Plus de bénévoles

 

L'association ne ralentit pas pour autant la cadence. Elle s'attelle déjà à trouver des fondations qui la soutiendront, l'an prochain, et réitère, plus que jamais, son appel aux bénévoles.

 

« En ce moment, nous avons une trentaine de bénévoles, décrit Roger Morin. Solami est une expérience humainement très riche mais aussi chargée en émotion, qui ne laisse pas les bénévoles indemnes. Il est important qu'on puisse se relayer souvent. » Avis aux amateurs.